Archive de la catégorie «Uncategorized»

Christian Ratte

Jeudi 24 janvier 2008

Alain Tarrius absent, ne donnant aucun signe de vie, la conférence de Sauvons l’Europe s’est concentrée sur l’exposé de Christian Ratte, ingénieur d’étude à l’Insee. Par le biais de notre trésorière, Catherine Lenglet, ancienne responsable de l’agenda 21 du Conseil régional Midi-Pyrénées, nous avions noué contact avec l’auteur de l’atlas des populations immigrées en Midi-Pyrénées. Ce document a été réalisé dans l’objectif d’éclairer les politiques publiques. Il nous a permis de toucher la réalité humaine de l’immigration après la conférence de Marie Gautier-Melleray qui s’était axé sur les aspects juridiques.

L’Atlas des populations immigrées en Midi-Pyrénées est téléchargeable au format powerpoint.

Rencontre sur les migrations

Mardi 9 octobre 2007

Europe et migration
avec Alain Tarrius,
sociologue, professeur à l’université Toulouse le Mirail,
auteur de “L’Europe sans frontière, la remontée des suds”,
et Christian Ratte,
chargé d’études Insee Midi-Pyrénées.

Jeudi 10 janvier 2008 à 20h00,
salle Castelbou,
à proximité de la Place Arnaud Bernard,
22, rue Léonce Castelbou à Toulouse,
Métro : Compans Caffarelli.

Rentrée de Sauvons l’Europe

Vendredi 24 août 2007

- Prochaine réunion de Bureau :

Jeudi 20 septembre 2007 à 20h00 à la Maison des Associations (ancienne caserne Niel à deux pas de la nouvelle station de métro Saint-Agne – ligne 2) 81, rue Saint-Roch à Toulouse. Notre candidature a été retenue par la municipalité avant les vacances et nous pouvons désormais bénéficier de bureaux partagés en créneaux horaires, de services reprographie, télécopie… ainsi que de salles de réunion. Il s’agit d’un nouveau départ. Nous préparerons l’assemblée générale extraordinaire de notre mouvement ainsi que les deux prochaines conférences que nous devons tenir sur la question des flux migratoires en Midi-Pyrénées ainsi que sur celle de l’avenir de l’Europe du sud-est en partenariat avec l’association Guernica.

- Assemblée générale extraordinaire de notre mouvement :

Samedi 29 septembre 2007 dans la salle du Conseil national de la CFDT, 2, boulevard de la Villette à Paris, métro Belleville. La journée se déroulera en deux temps : 10h00-12h30 : assemblée générale extraordinaire de Sauvons l’Europe, discussion et adoption de nouveaux statuts, 14h00-17h30 : débat sur l’actualité et les perspectives de l’Union européenne, en présence de Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat aux affaires européennes ainsi que d’une personnalité de la présidence portugaise. Pour plus d’information : carton invitation.

Le projet de Traité Constitutionnel est mort. Vive le Traité réformateur ?

Vendredi 24 août 2007


L’accord des 27 dirigeants de l’Union Européenne le 23 juin dernier devrait permettre de sortir de l’impasse dans laquelle elle était plongée depuis les non français et néerlandais au projet de Traité Constitutionnel Européen (TCE). Parlons net : on enterre – provisoirement, nous l’espérons – ce dernier, en même temps que le « traité simplifié » promis par le président Sarkozy. On se contente de modifier le Traité de Rome instituant la Communauté européenne, qui devient le « traité sur le fonctionnement de l’Union », ainsi que le Traité de l’Union Européenne de Maastricht. Au lieu donc de remplacer les textes existants par un seul document synthétique de référence, on en revient à la méthode traditionnelle : un nouveau traité qui les amende…ce qui n’est pas, à l’évidence, une solution de simplification et de lisibilité par le commun des mortels (1), puisque pour se faire une idée précise d’un sujet il faut à la fois se reporter à plusieurs textes de traités, aux protocoles et aux déclarations. Le seul vrai texte lisible, toutes proportions gardées, demeure le Traité constitutionnel européen (2) défunt !

I – LE COMPROMIS ENTRE LES 27 : SES DISPOSITIONS

Ce qui disparaît et qui était dans le TCE : les éléments conférents à l’union Européenne les attributs d’un super-Etat

- Le terme de Constitution, qui marquait la naissance de l’entité politique Union européenne, fédération d’Etats-Nations. Au grand dam du Parlement européen, qui compte bien relancer le sujet constitutionnel après les élections de 2009.

- La référence aux symboles : Le drapeau aux douze étoiles, l’hymne (l’ «Ode à la joie » de la Neuvième symphonie de Beethoven), la devise, “L’Union dans la diversité », la journée de l’Europe le 9 mai. Même si ces symboles continueront d’exister, il a été jugé préférable de ne pas les afficher, concession à l’égard de la minorité de pays sourcilleux face à tout ce qui traduit une affirmation politique supranationale.

- La mention “la monnaie de l’Union est l’euro”

- L’abandon de la terminologie « lois » et « lois-cadres » qui donnait aux citoyens une perception claire de la nature des décisions de l’Union : on en restera aux expressions « réglements », « directives ».

Ainsi est énoncé, en creux, la concession majeure faite aux eurosceptiques : le refus de consacrer l’existence d’un peuple européen, se dotant d’un Etat fédéral sur les compétences déléguées par les Etats-Nations, membres de l’Union européenne.

Ce qui est maintenu : au total l’essentiel du contenu des trois parties de l’ancien Traité Constitutionnel Européen.

● D’abord la partie III du TCE ne sera pas reprise dans le projet de Traité réformateur, tout simplement parce qu’elle était dans les Traités que la Constitution remplaçait, traités qui demeurent et fixent les règles du marché unique, les politiques communes et leurs mises en œuvre, que ce soit sur le marché intérieur, la concurrence, la politique agricole, l’union monétaire, ou la coopération judiciaire et policière.

Autrement dit, ceux qui ont voté « non » au projet de TCE pour obtenir de profondes modifications de cette partie III en sont pour leur frais : son contenu demeure gravé dans le marbre, toujours modifiable, il est vrai, à l’unanimité des Etats.

● De nombreux aspects positifs du traité constitutionnel sont consolidés sans modification fondamentale :

a) La personnalité juridique unique de l’Union européenne est maintenue avec la fusion des trois piliers (les politiques communautaires gérées selon les méthodes communautaires – 1er pilier ; la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) -2ème pilier, qui conserve cependant un caractère intergouvernemental (3) ; la coopération judiciaire et policière – 3ème pilier)

b) La référence aux héritages culturels, religieux et humanistes de l’Europe.

c) La rénovation du fonctionnement institutionnel :

- la présidence stable de l’Union pendant deux ans et demi, renouvelable une fois, au lieu d’une présidence tournante du conseil tous les six mois ;

- élection du Président de la Commission par le Parlement européen, sur proposition du Conseil ;

- à terme, la composition réduite de la Commission européenne (15 membres à partir de 2014) ;

- le droit d’initiative citoyenne, qui permettra à un million de citoyens d’inviter la Commission à soumettre une proposition au processus décisionnel ;

- un Haut Représentant pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, à la fois président du conseil des ministres des affaires étrangères et vice-président de la Commission, disposant d’un service diplomatique, portera, avec le Président, la voix de l’Europe dans le monde. Une déclaration précise que les pouvoirs diplomatiques de chaque Etat demeurent et que ceux qui détiennent un siège au Conseil de sécurité des Nations Unies le conservent.

d) Le partage des compétences entre les Etats et l’Union européenne:

- la délimitation des compétences : l’Union douanière, le commerce, la concurrence, la politique monétaire demeurent des domaines exclusifs de l’Union. La politique sociale, le marché intérieur, la recherche restent des compétences partagées avec les Etats. La lutte contre le changement climatique et l’énergie sont intégrées. L’unanimité reste la règle pour la politique étrangère, la sécurité sociale, la fiscalité et la culture.

- l’extension des domaines à majorité qualifiée, en particulier en matière de coopération judiciaire en matière pénale et de coopération policière, concerne 51 domaines supplémentaires.

- l’augmentation des pouvoirs du Parlement européen, co-législateur avec le conseil des Ministres sur 86 domaines au lieu de 37.

La mise en place d’un mécanisme destiné à faciliter les coopérations renforcées entre les Etats désireux d’aller de l’avant, avec seulement un minimum de 9 Etats (au lieu de 13 dans le TCE), ce qui ouvre la possibilité de contourner les Etats récalcitrants.

Des aspects sont maintenus avec des évolutions :

a)La Charte des droits fondamentaux, qui constituait la partie II du Traité constitutionnel fait l’objet d’une référence qui lui donne une force juridique contraignante, même si n’est pas reprise in extenso dans le projet de futur traité. La pression des 18 Etats qui ont ratifié le TCE et de la Confédération Européenne des Syndicats. La Grande-Bretagne, en obtenant d’être exemptée de son application, crée un précédent inquiétant : objectivement, il est grave qu’un ou plusieurs pays européens puissent décider maintenant de ne plus être liés par la charte des droits fondamentaux, qui s’affirmait dans le TCE comme la base commune des valeurs qui lient les Européens.

b)L’article sur les objectifs de l’Union modifié : certes « la concurrence libre et non faussée » disparaît à ce niveau, mais elle demeure comme un « instrument politique majeur » au service des objectifs du traité, comme le précise une déclaration. La réalisation de l’union économique et monétaire est affirmée comme objectif de l’Union, comme « la protection des citoyens ».

c)La primauté du droit européen sur le droit national n’est pas réaffirmée dans le traité ; le principe fait seulement l’objet d’une déclaration renvoyant à la jurisprudence de la Cour de Justice qui l’impose.

d)La règle de la double majorité, qui stipule qu’une décision doit être prise par 55% des Etats membres (au moins 15 Etats) et 65% de la population, subsiste pour l’essentiel même si son application est reportée au 1er novembre 2014 à la demande de la Pologne. Pendant une phase de transition, de 2014 à 2017, un pays pourra demander de voter selon les règles du traité de Nice, s’il est mis en minorité et qu’il ne l’accepte pas. De plus un groupe d’Etats qui approche la minorité de blocage (35 % de la population et au moins 4 Etats ou 45% des Etats) de demander le réexamen d’une décision adoptée à la majorité qualifiée du conseil dans un « délai raisonnable » (4). En gros pendant dix ans, on pourrait voir subsister les modalités de vote de Nice renforcées par un dispositif de réexamen. Seule la pratique permettra d’apprécier s’il s’agit seulement d’un garde-fou et d’un instrument de pression ponctuel, dans un fonctionnement où, de facto, le recours au vote formel était rare.

e)Le rôle des Parlements nationaux est renforcé pour s’assurer que l’Union ne dépasse pas ses compétences : la période qui leur est accordée pour examiner un projet de texte respecte bien le principe de subsidiarité passe de six à huit semaines ; la Commission devra justifier une décision, la revoir ou la retirer, si elle est contestée par le tiers des parlements nationaux.

Ce qui est nouveau

a)Un protocole sur les services publics souligne l’importance des services d’intérêt général, met l’accent sur les « valeurs communes » de l’Union, mentionne le rôle essentiel et la marge de manœuvre des autorités nationales, régionales et locales en la matière.

b)A propos des élargissements futurs à d’autres pays, le texte précise que « les critères d’éligibilité ayant fait l’objet d’un accord du Conseil Européen sont pris en compte »

c)La possibilité expresse de réduire les compétences de l’Union est donnée aux Etats.
d)Une procédure claire sur la manière de quitter l’Europe.

Des grands sujets sont encore absents

● Rien sur le modèle social européen, pas de protocole social précisant les compétences entre l’Union et les Etats membres et auquel auraient pu adhérer les Etats membres qui le souhaitaient, comme cela a été fait dans le passé. Le citoyen a pourtant bien besoin de savoir, non seulement qui fait quoi en matière d’emploi, de revenu minimum, de protection sociale, mais aussi de quelles ambitions communes en matière sociale l’Union veut témoigner dans la mondialisation.

● Rien sur un pacte de coordination des politiques économiques nationales et l’expression de l’Europe sur la scène internationale face aux désordres monétaires. Au lieu d’une critique inefficace des statuts de la banque centrale européenne, le renforcement de la gouvernance économique dans la zone euro est la vraie urgence.

● Aucune initiative annoncée par le groupe des Etats membres de l’union économique et monétaire qui manifesterait clairement que l’Europe ne se laissera pas aligner sur le rythme des Etats pusillanimes, eurosceptiques, repliés sur les vieilles lunes de la défiance et l’égoïsme national.

● Rien sur les conditions ultérieures de révision des traités : il est évident que l’Europe doit pouvoir évoluer sans être bloquée par le veto d’un seul ; le traité de réforme devrait prévoir que les révisions doivent être approuvées à une majorité très élevée (par exemple 5/6 ème des Etats)

II – LA PROCHAINE ETAPE : LA CONVENTION INTERGOUVERNEMENTALE (JUILLET-OCTOBRE 2007)

Que doit faire la CIG (5) sous présidence portugaise : réunie depuis le 23 juillet, elle va écrire le projet de traité sur la base du mandat donné par le Conseil européen, qui devrait être signé au Conseil des 18-19 octobre prochains.

Or cela ne se fera pas sans que soient opérées des clarifications, même si le mandat donné est assez précis. Pourquoi ? Parce que ce texte est un compromis et que des tensions demeurent qui ne manqueront pas de s’exprimer lors de la CIG.

a) Ainsi les représentants du Parlement européen sont mandatés pour essayer d’obtenir :

- un consensus général sur le caractère intangible de la Charte des droits fondamentaux,

- un approfondissement des nouveaux défis auxquels l’Union est confrontée depuis la rédaction du TCE,

- une clarification de la dénomination et de la hiérarchie des actes juridiques de l’Union.

Ils veulent aussi peser en faveur d’une transparence des travaux de la CIG et de l’association des Parlements nationaux et de la société civile à son élaboration, en rendant publics les documents de travail de la CIG.

b) On imagine sans peine que les revendications polonaises contre « l’hégémonie allemande » pourraient bien faire un retour en force à propos des droits de vote. La multiplication des dérogations en faveur des Britanniques risque de créer d’autres demandes. On a bien vu à l’ouverture de la CIG la représentante de la Pologne évoquait la possibilité de s’associer à la dérogation accordée à la Grande-Bretagne sur la Charte des droits fondamentaux : l’usage de cette menace comme instrument de pression est en soi significative de la fragilité de l’accord de juin dernier.

c) Les décisions du Conseil de juin ont confirmé un contexte préoccupant d’une mini-ambition européenne, où les marchandages entre Etats se sont affrontés, manifestant un recul de l’esprit européen comme projet commun, porté par un sens de l’intérêt général et une certaine idée de l’Europe. La démarche intergouvernementale l’emporte sur la logique fédérale.

L’Italie, la Belgique, le Luxembourg l’ont regretté ouvertement, traduisant l’amertume des 18 pays (6) qui ont approuvé le TCE, de la majorité du Parlement Européen et de la Commission, devant les concessions faites aux Etats les plus réticents qu’il s’agisse de la Grande-Bretagne, de la Pologne, de la République Tchèque, ou encore à la France et aux Pays-Bas.

Ils devraient chercher à obtenir l’annonce d’étapes ultérieures d’une relance sur le fond avec des clauses de rendez-vous après 2009. Cela pourrait porter :

- sur la remise sur les rails d’un projet de Constitution, qui paraît seule capable de porter un projet politique, un nouveau modèle de développement à l’enjeu des défis planétaires, une dimension culturelle et de traduire une adhésion citoyenne.

- sur la préparation d’un futur « acte unique de promotion de politiques communes », d’une « Europe des projets ». Cela fut le cas en 1986 pour le chantier du marché unique et cela peut passer par des coopérations renforcées de la zone euro et de l’Espace de Schengen.

Les sujets ne manquent pas : dotation du budget européen en fonds propres, permettant une politique budgétaire dynamique ; l’harmonisation fiscale sur l’impôt sur les sociétés et les revenus financiers ; relancer la stratégie économique et sociale de Lisbonne, notamment sur l’organisation du marché du travail, y compris dans ses mouvements, en faveur d’un plein emploi ; bâtir un système financier européen, avec des fonds d’investissements européens ; renforcer les capacités industrielles et de services de l’Europe ; la coordination des politiques économiques de la zone euro ; le développement durable (énergie et transports), la société de la connaissance (universités et recherche, éducation de la jeunesse pour construire une conscience européenne) et, plus largement, et de l’innovation.

On aimerait que la France s’exprime haut et fort à cet égard lors de la CIG.

e) Enfin, le comportement des Britanniques pose un problème spécifique : on sait qu’ils ont l’art de ne prendre de l’intégration européenne que ce qui les intéresse ; on sait aussi qu’ils pratiquent un entrisme poussé dans l’administration européenne. La moindre des choses serait de leur demander de ne pas voter dans les instances sur les sujets où ils refusent les abandons de souveraineté pour eux-mêmes et d’écarter leurs représentants des domaines de l’administration européenne dont ils se mettent à l’écart. Tant qu’à leur faire la place dérogatoire qu’ils demandent, autant en négocier des contreparties significatives.

La CIG ne sera pas une promenade de santé. A la fin août-début septembre, les amendements aux textes seront examinés par les experts juridiques des Etats pendant six jours. Puis les ministres des affaires étrangères de l’Union se retrouveront les 7 et 8 septembre pour étudier les points qui font problèmes et se livrer aux ultimes arbitrages. C’est alors qu’on saura si le « traité de Lisbonne » verra le jour cinq semaines plus tard.

Le risque d’échec de la CIG n’est pas nul : l’aboutissement dans un calendrier si serré – le plus court dans l’histoire de l’Europe – est à la fois un atout et une gageure. Si tout se passe bien, le texte du Traité réformateur, qui préserve finalement la substance du Traité Constitutionnel, sera ratifié par le Conseil Européen des 18 /19 octobre, puis soumis à ratification (7) au premier trimestre 2008, pour être adopté avant l’élection du parlement européen en juin 2009 et entrer en vigueur le 1er janvier 2009. Sera-t-il prévu une période commune à tous les Etats-membres pour organiser la ratification ? Que se passera-t-il si un ou plusieurs pays à nouveau ne ratifient pas ? Le projet de traité réformateur devra bien répondre à ces questions.

III – LE PROBLEME DE LA RATIFICATION FRANCAISE

On sait que le Président de la République et sa majorité ont choisi la ratification par voie parlementaire.

a)Un préalable : une réforme constitutionnelle ?

Le conseil constitutionnel devra dire si la modification de la Constitution incluse en 2005 pour accueillir le Traité constitutionnel européen et les transferts de souveraineté qu’il impliquait doit être ou non réécrite. S’il le faut, avant la ratification parlementaire, le Congrès des députés et sénateurs devra adopter une modification de la constitution par 3/5 des voix : 545 voix sur 908 : or, l’UMP et le Nouveau centre rassemblent seulement 522 voix, en admettant qu’ils votent d’un seul bloc. Certes des non-inscrits et les quelques Modem peuvent se rallier. Mais pour atteindre la majorité requise, si tous les parlementaires votent, il faudra aussi des voix socialistes. Il est vrai que l’abstention ou le vote blanc peuvent aider au calcul des 3/5ème sur les exprimés. Le vote des parlementaires socialistes et verts n’en sera pas moins regardé avec attention tant en France, qu’en Europe. Il est difficilement imaginable qu’ils n’émettent pas un vote positif et unanime. C’est du moins le souhait que formule notre association.

b) Reste ensuite, la réforme constitutionnelle acquise, le vote même de ratification à l’Assemblée et au Sénat, où les députés de la majorité et de l’opposition devront bien prendre individuellement position sur le fond.

Pour Sauvons l’Europe Haute-Garonne, il demeure évident que le Traité Constitutionnel européen avait bien des avantages. Ceux de la transparence dans l’élaboration, de la clarté, et de l’efficacité. Celui de franchir une étape politique décisive, où s’affirmait à la face du monde une fédération originale des Etats-Nations de l’Europe. Nous avons donc regretté le non français et néerlandais, non seulement parce que nous en contestions les motivations, mais parce qu’aussi ils donnaient un facile alibi à la Grande-Bretagne et à la Pologne pour s’exonérer de leur propre responsabilité de choisir. Mais il est inutile de refaire l’histoire. Nous ne sommes pas au bout de cette aventure : il faut bien reconnaître que la Constitution européenne n’est pas mûre : espérons qu’elle interviendra un jour comme couronnement d’un processus plus ample, même si ce n’est visiblement pas l’objectif de Nicolas Sarkozy qui ne fait pas de la constitution « une fin en soi ». Notre raison d’optimisme : le chemin parcouru depuis 1957, chemin bien imprévu alors, réalisé sous la pression de la nécessité de faire face aux problèmes rencontrés.

Une chose est certaine : dans la balance, nous ne pouvons qu’être déçus des reculs que le « non » français a rendu possible et d’un traité de « réforme », si peu simplifié qu’il risque d’être illisible par le commun des mortels. Nous devons aussi nous réjouir que le Président de la République française et ses ministres de compétence aient su faire compromis, appuyer les efforts de la Chancelière allemande qui voulait que l’essentiel du TCE, approuvé explicitement par 18 pays, soit préservé. Les quelques innovations ou concessions d’affichage ne doivent faire oublier que si l’idéal européen perd des plumes dans l’aventure, l’essentiel communautaire est, sinon sauvé, du moins sorti de l’impasse.

On verra bien, à l’usage, si la concession faite à la Pologne qui lui donne, ainsi qu’au groupe des « minimalistes » (8) de l’Europe, pendant dix ans, la possibilité de recourir au système de vote de Nice sera ou non un facteur de blocage et de régression. Ce que ces Etats vont faire demain lors de la Convention Inter-Gouvernementale (CIG) qui va écrire le projet de « traité de réforme » constituera certainement un signe avant-coureur qui peut soit alourdir l’atmosphère, soit au contraire la détendre, favorisant une ratification unanime.

Au total, le « traité réformateur », défini par le mandat du Conseil de juin, n’est donc pas un traité mineur, ne serait-ce que du point de la capacité de décision de l’Europe, condition pour que l’élargissement se traduise par un nouveau souffle et non par l’enlisement. Compromis réaliste, il fait gagner des années à la construction européenne. Il laisse ouvert l’avenir. Nous espérons que sa rédaction confirmera ce jugement.

Nous formulons un double vœu à l’égard des responsables politiques de toutes les formations de droite et de gauche : d’abord que leur analyse de ce prochain traité en cours d’élaboration se fasse sans œillères, sans surenchères politiciennes, avec le souci de doter la France et l’Europe d’une meilleure capacité de décider à l’échelle de notre continent. Mieux vaut un « traité réformateur », moins ambitieux que le TCE, à mille lieues du Plan B mirifique décrit par les démagogues de gauche, que pas de traité du tout. Qu’on nous épargne en tous cas les simagrées de la démocratie d’opinion, sur le compromis boiteux ou la nécessité d’un referendum.

Surtout – et c’est un deuxième vœu – : que les responsables politiques conservent à l’esprit que l’image de la France en Europe a été dégradée par son « non » au TCE. On peut critiquer tel ou tel aspect du compromis, souhaiter aller plus loin demain. Mais la France a besoin d’un vote de ratification le plus large possible au Parlement, rassemblant UMP, Nouveau Centre, Modem, PS, Verts : il sera lu par nos amis des 26 autres pays comme une décision collective de tourner la page et un signal du retour de la France auprès de tous ceux qui veulent une Europe dynamique et motrice dans le monde. Faute de quoi, on laissera au seul Président de la République et à sa majorité le bénéfice de pouvoir dire : nous avons tiré la France du mauvais pas dans lequel l’avait plongée la coalition hétéroclite des « non », et d’abord des socialistes qui n’avaient pas respecté la décision de leur propre parti.

Dans cette perspective, nous voulons faire connaître notre point de vue aux parlementaires de la Haute-Garonne, et aux parlementaires européens, afin de recueillir leurs réactions et leur point de vue tout au long du processus à venir.

A cette fin, nous soumettons d’abord cette proposition d’analyse à tous nos adhérents et amis, pour qu’ils apportent, éventuellement, leur avis et leur contribution à ce texte.

Toulouse, le 20 août 2007.

(1) Le projet soumis à la CIG comprend 147 pages + 63 pages de Déclarations + 69 pages de protocoles, soit au total 279 pages en format A4., qui modifient ou s’ajoutent aux 331 pages des deux traités modifiés, sans oublier les 87 pages du traité de Nice et les quelques 120 pages du Traité de la Communauté européenne de l’Energie atomique.
(2) 192 pages dans la version du site du Conseil Constitutionnel.
(3) Les décisions devront être prises à l’unanimité, sans codécision avec le Parlement et sans contrôle de la Cour de Justice européenne.
(4) On sait que le débat demeure entre la Pologne et les autres Etats sur ce que recouvre ce terme : 3 à 4 mois ? une fois ou plusieurs fois ? deux ans ?
(5) Composée de représentants des Etats membres et de trois représentants du Parlement européen (MM. Brok, Crespo et Duff).
(6) En fait 20, si on y ajoute le Portugal et l’Irlande qui avaient annoncé leur intention de le faire.
(7) Par voie parlementaire ou référendaire selon les règles propres à chaque pays.
(8) Sur les 345 voix de Nice, le groupe « Pologne + Grande-Bretagne + Tchéquie + Pays-Bas + Danemark » représente 88 voix, soit la base proche du blocage des décisions à la majorité qualifiée.

Un traité simplifié, mais pour quoi faire?

Mardi 19 juin 2007

Après les échéances politiques, l’Europe va occuper l’actualité lors du Conseil européen des 21 et 22 juin prochain à Berlin. Ce Conseil constitue un moment déterminant pour la suite de la construction européenne. A cette occasion, Sauvons l’Europe rend publique un texte (voir texte joint) devant recueillir le maximum de signatures. Celui-ci reste valable y compris après les 21 et 22 juin pour affirmer l’Union européenne que nous voulons.

Le Président de la République française s’est engagé dans la voie qu’il avait annoncée : contribuer à sortir l’Europe de la crise institutionnelle provoquée par les rejets français et néerlandais du Traité constitutionnel, au moyen d’un « mini traité », devenu depuis un « traité simplifié », devant être ratifié, en France, par la voie parlementaire.

APPEL

La société civile organisée se doit de peser dans le débat tout au long du processus de négociation de ce nouveau traité. Sauvons l’Europe, collectif de mouvements rassemblés pour contribuer à reconstruire l’ambition politique européenne, en appelle à la mobilisation des citoyens pour la sauvegarde des avancées contenues dans le projet de Traité constitutionnel.

Il faut souligner que ce Traité a été signé par l’ensemble des 27 Etats membres et ratifié par les 2/3 d’entre eux représentant 56 % de la population de l’Union. Nous devons saluer les efforts entrepris par nombre de responsables, en particulier Angela Merkel. La nouvelle proposition française de “traité simplifié” s’accorde-t-elle avec le travail de fond réalisé ? Si le Conseil européen des 21 et 22 juin aboutit à une “feuille de route” qui confie aux présidences portugaise, slovène, puis française le soin de conduire une négociation, alors l’Union européenne parviendra peut-être à s’entendre sur ce traité simplifié. Toutefois, seul son contenu permettra d’en juger. Du mini-traité basé sur le plus petit dénominateur commun qui ne ferait pas avancer grand-chose au maxi-traité qui préserverait l’essentiel du projet de Traité constitutionnel et ajouterait des politiques ambitieuses dans de nouveaux domaines de compétences pour l’Union, la marge de manoeuvre est énorme et les négociations compliquées par des positions parfois très divergentes.

Les signataires de cet Appel réaffirment donc avec force la nécessité de préserver l’essentiel de la première partie du projet de Traité Constitutionnel qui établit les valeurs et les objectifs de l’Union, définit ses compétences, et apporte les innovations institutionnelles qui permettront à l’Union de fonctionner d’une manière plus efficace, plus démocratique et plus transparente. Ils rappellent en particulier leur attachement :

o à l’élection d’un Président du Conseil européen qui n’exerce aucun mandat national,
o à l’élection du président de la Commission européenne par le Parlement européen,
o à la nomination d’un ministre des Affaires étrangères de l’Union,
o à des procédures qui autorisent des majorités qualifiées.

Ils soulignent la nécessité, pour surmonter la rupture entre l’Europe et les citoyens, de renforcer le rôle des parlements nationaux et du Parlement européen, et de permettre l’exercice d’un véritable droit d’initiative populaire.

Ils tiennent à ce que la Charte des droits fondamentaux, adoptée à Nice, reprise dans la deuxième partie du projet de Traité constitutionnel, soit intégrée dans le traité simplifié à venir afin de conférer à ce nouveau pas de l’Europe sociale une force juridique contraignante dans tous les Etats de l’Union.

Ils rappellent leur attachement aux clauses sociales, de non discrimination, de protection de l’environnement et des consommateurs, de respect de la diversité, applicables à toutes les politiques de l’Union ainsi qu’à un statut juridique spécifique pour les Services d’Intérêt Economique Général. Tout ceci est contenu dans la troisième partie du projet de Traité Constitutionnel.

Ces éléments sont essentiels pour mettre en place des institutions à même de répondre aux défis du siècle : sécurisation des ressources énergétiques, lutte contre le réchauffement climatique, développement durable de la planète, innovation, création d’emplois, démographie, migrations… Autant de sujets qui ne peuvent être traités qu’à l’échelle européenne. Pour être acteurs demain dans le monde, les Etats membres de l’Union européenne doivent être capables de surmonter leurs divergences et se donner les moyens de poursuivre ensemble l’édification d’un destin commun.

Sauvons l’Europe
Collectif Haute-Garonne
16, rue Léon Gambetta
31000 Toulouse
06-22-95-82-17
sauvonsleurope31@laposte.net

Nous étions présents à la fête de l’Europe

Mercredi 16 mai 2007


Quelques informations utiles…. par Jean Lecuir

Samedi 31 mars 2007

Le groupe la Vie nouvelle de Toulouse, en coopération avec l’école de l’Europe de Saint Alban vous invite à un débat sur le thème “L’Europe, quel regard des autres continents ?” en présence de la consule des Etats-Unis d’Amérique et d’autres consuls de pays non européens le samedi 31 mars à 15h30 au Centre d’animation de Saint Simon, 10, Chemin Liffard à Toulouse. Nous interrogerons nos invités sur les points suivants : que pensent-ils de notre projet constitutionnel, le monde attend-il quelque chose de l’Europe en tant qu’institution politique ? Est-ce un contrepoids d’équilibre ? Pour qui ? pour quoi faire ?

Retenez que nous essayons d’obtenir un stand auprès de la Maison de l’Europe pour présenter notre association et diffuser de l’information sur l’Europe dans le cadre de la Journée de l’Europe, le 9 mai. Et que le 15 Mai, aux lendemains du second tour des présidentielles, nous voudrions tenir une réunion avec Joël Roman, de Sauvons l’Europe national sur les conséquences des résultats pour l’Europe.

Sur le site de l’institut de sondage Csa, l’enquête « regards des Français sur la construction européenne »

Sur le site expression pubique, une enquête qui vous demande votre avis sur l’Union Européenne et la crédibibilité des candidats aux présidentielles

Le site luxembourgeois sur l’Europe : Ena

La publication par la Fondation Robert Schuman de l’Etat de l’Union 2007 sur l’Europe, 240 p, 19 euros.

Le film du colloque toulousain « Trajectoires de l’Europe, unie dans la diversité depuis 50 ans »

La rencontre avec Chantal DELSOL, professeur de philosophie à l’Université de Marne La Vallée, le 16 avril (lieu à préciser) sur « Les caractères de la culture européenne.

La rencontre organisée par AVF le lundi 18 juin de 19 h 30 à 21 heures Salle Castelbou avec l’association amitié France-Portugal sur le Portugal.

Sauvons l’Europe : une histoire toulousaine

Mercredi 28 mars 2007

Depuis notre rendez-vous internet au café « le père peinard » rue des chalets à Toulouse un certain douze janvier 2006, un bon chemin s’est écoulé. Nous avons eu l’occasion de nous doter d’une structure associative, d’approfondir certaines politiques européennes et d’organiser des réunions publiques. Dans l’ensemble, nous nous sommes fait connaître et avons popularisé notre point de vue.

En se retournant vers l’action passée, nous pouvons dire que l’ambition qui nous porte est grande, qu’elle mérite une action plus efficace notamment à travers une fédération des différents mouvements et des initiatives locales proeuropéennes et que beaucoup reste à faire.

Association loi 1901, nous avons explicité notre présence en tant que collectif. Un petit réseau d’une demi-douzaine de membres s’est constitué. C’est à partir de ces volontaires que des projets ont été construits et développés.

Notre première action a été de nous faire connaître. Pour cela, nous avons distribué un tract au cours des manifestations anti-CPE qui rappelait les obligations européennes et matière de justification des licenciements. Nous avons également participé aux conférences du GREP qui portaient en 2006 sur l’Europe. Ces distributions et interventions nous ont donné une certaine visibilité.

Dans la continuité de cette volonté de populariser notre collectif, nous avons été invités à présenter notre association aux Journées « Effervescence » de la CFDT de la Haute-Garonne et de Midi-Pyrénées.

Les députés européens, Kader Arif (Parti des socialistes européens), Gérard Onesta (European greens) et Anne Laperrouze (Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe) ont été rencontrés. Ils nous ont donné leur point de vue, exposé leurs préoccupations et évoqué avec nous les possibilités de travail concerté. Kader Arif est le seul à avoir adhéré. Gérard Onesta nous a demandé de participer à la publicité de son « plan A+ ». Ce que nous avons fait lors de nos rencontres nationales à Grenoble. Anne Laperrouze nous a assurés de sa disponibilité sur les sujets de la politique énergétique de l’Europe qu’elle suit attentivement.

L’année 2007 nous a conduit à muscler notre présence sur le territoire toulousain en organisant deux conférences publiques. La première avec Marie Gautier Melleray, professeure de droit public à l’IEP Toulouse, sur l’Europe et l’immigration a connu un plein succès et nous fait penser que cette thématique doit être à nouveau creusé dans les prochains mois. Nous avons également organisé une réunion avec Gilles Finchelstein, délégué général de la Fondation Jean Jaurès, sur les scénarios de sortie de crise, après le non français au projet de Traité constitutionnel européen. L’un comme l’autre nous ont gratifié d’une production intellectuelle originale faite sur mesure. La réussite des conférences nous encourage à la production de compte-rendu publiable sous forme de cahiers.

Par ailleurs, nous avons profité du début de campagne électorale de 2007 pour rédiger une interpellation des candidats à la présidentielle, contribution à un travail qui s’opérait à la fin de 2006 au niveau national. Le texte national, plus court que le nôtre, moins net aussi, n’a pas trouvé d’écho aux yeux des principaux médias, il est vrai dans un contexte de campagne présidentielle très franco-française. Aucun ne l’a reprise. Dommage ! La pétition à son propos se poursuit sur le site de Sauvons l’Europe.

Enfin, nous avons participé au colloque interuniversitaire qui s’est tenu sur deux jours à Toulouse pour le cinquantième anniversaire du traité de Rome et où notre président a coordonné la table-ronde conclusive. A cette occasion des contacts ont été renforcés avec les divers groupes qui s’intéressent à l’Europe sur Toulouse. Ce fut aussi l’occasion de faire un état des lieux de la réflexion sur l’Union Européenne.

La presse s’est fait l’écho de nos manifestations comme de nos communiqués de presse. Pour l’anniversaire du 25 mars 1957, nous avons publié un texte à la fois d’appréciation et d’appel à un engagement plus net des candidats à la présidentielle sur l’enjeu majeur que représente l’Europe pour la France. La « voix du midi », « Radio campus » et « Métro » ont été particulièrement réceptifs à notre démarche. Pour renforcer notre présence médiatique, nous avons créé une boite aux lettres sur internet (sauvonsl’europe31@la poste.net) et développé la rédaction d’un blog qui a été mis en place dès 2006. Il nous permet d’être interpellé par des personnes qui ont connaissance de notre existence par notre vitrine virtuelle. Ce fut le cas de quelques étudiants.

Plus de douze réunions ont été tenues, sans compter les réunions internes de bureau. Au cours des premières, des sujets comme la directive « services » ont été examinés, ainsi que l’actualité européenne.

Notre bilan est modeste, mais positif. Nous l’avons montré par nos réunions, par nos présences lors des manifestations des autres associations comme « l’Ecole de l’Europe » ou le « GREP », par nos contacts avec la Maison de l’Europe. Nous sommes évidemment conscients de nos faiblesses, car nous avons encore peu d’adhérents et très peu de moyens financiers. Nous avons enfin participé à la journée nationale de Grenoble, intéressante, mais révélatrice aussi des tâtonnements de l’association nationale et des problèmes qu’elle rencontre pour s’affirmer.

Il serait en tous cas prématuré de baisser les bras. Après la présidentielle et les législatives, il faudra bien reparler d’Europe.

Hugues Bernard
Secrétaire de l’association
« Sauvons l’Europe – Collectif Haute-Garonne »

Rapport complet

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Tribune de Sauvons l’Europe 31 dans la Voix du Midi

Jeudi 22 mars 2007


Le 25 mars prochain, il y aura cinquante ans, le Traité de Rome lançait sur les rails la construction d’une Union d’Etats-Nations, acceptant d’abandonner leur souveraineté sur des sujets qui ne trouvaient de solution qu’à l’échelle de cet ensemble. Partis à six, nous sommes aujourd’hui 27, demain davantage. Innovation unique dans l’histoire du monde, portée par une volonté commune de faire face à des défis majeurs, elle a vaincu le défi de la paix après des siècles de guerres intestines et la coupure de l’Europe en deux par la domination soviétique. Le marché unique de 500 millions d’habitants, pas à pas, met à bas nos frontières douanières, crée une prospérité commune, combat les inégalités régionales, fait de l’Union Européenne la première puissance commerciale au monde, avec l’euro, une des trois monnaies mondiales. Enfin, le défi du « vivre ensemble », pouvait s’appuyait, au-delà de modèles sociaux différents, sur l’attachement commun à des protections collectives importantes ; grâce au dialogue social entre patronats et syndicats européens, des accords européens crée peu à peu un socle commun. Tout n’est évidemment pas idyllique. Et ces défis demeurent, amplifiés par l’arrivée, si longtemps souhaitée des pays de l’ex-Europe de l’Est, Pologne en tête, demandeurs d’une solidarité Ouest-Est pour les aider à rattraper leurs retards. Au total, 71 % de Français ont raison de dire, dans un récent sondage, leur fierté de l’oeuvre accomplie.
Or, en même temps, se dessinent de nouveaux enjeux dans un monde marqué par la mondialisation financière et l’émergence de nouvelles puissances, autrement plus peuplées, en Asie : le marché unique européen doit poursuivre, dans le cadre d’une économie sociale de marché, son homogénéisation, en facilitant la mobilité des hommes et des produits. La compétition technologique suppose des programmes ambitieux de formation, de recherche, d’innovation, voir de politiques industrielles, qui sont autant de moteurs pour une intégration plus poussée. Le vieillissement de la population européenne exigera le dynamisme de la natalité, comme des accueils migratoires maîtrisés. La réponse aux dangers de l’évolution climatique, le problème des ressources naturelles et de l’énergie vont nous contraindre à inventer un développement durable. Enfin, le terrorisme international comme les foyers de tension en Europe et ailleurs poussent l’Union Européenne à s’interroger sur la mise en place d’une politique de sécurité et de défense à l’échelle de notre continent. Autant de bonnes raisons d’affirmer : nous avons besoin d’une Union Européenne plus forte et plus politique.
Face à l’ampleur de la tâche, les opinions publiques aujourd’hui hésitent sur leur « désir l’Europe »; des voix cultivent les peurs, les lassitudes, le repli sur les Etats-Nations, voire le retour au protectionnisme. Le « non » français au projet de traité constitutionnel a retenti comme un « non à l’Europe », ouvrant une crise politique, où l’Union peut se déliter dans la morosité et l’indécision. « Sauver l’Europe », c’est retrouver enthousiasme et projets, portés par des avancées majeures : la Charte des droits fondamentaux qui nous rassemble, les changements institutionnels permettant une meilleure capacité de décision politique à 27. Chacun sait aujourd’hui que rien ne sera mis en œuvre tant que les Français n’auront pas réaffirmé clairement leur « besoin d’Europe », en particulier politique. La dernière phase de la campagne présidentielle est un moment-clé pour que les candidats parlent clair sur ce choix de société : il leur faut dire aux Français, – et aux autres pays qui nous regardent avec espoir, mais aussi angoisse, s’ils veulent, ou non, poursuivre ce dessein, expliquer avec puissance de conviction en quoi ce grand projet justifie leurs propositions, suggérer les compromis nécessaires à la prise en compte du point de vue des autres pays. Le « désir » et le « besoin » d’Europe doivent prendre toute leur place dans le débat présidentiel français.

Jean Lecuir, Président de Sauvons l’Europe Collectif 31

Compte-rendu de la réunion avec Gilles Finchelstein

Mercredi 21 février 2007


Sauvons l’Europe 31
Union européenne :
Quels scénarios de sortie de crise ?
8 février 2007
Toulouse
Salle Antoine Osete
Intervention de Gilles Finchelstein
Délégué général de la Fondation Jean Jaurès
Directeur de la stratégie d’Euro RSCG

Le 26 janvier 2007 , pour la première fois depuis cinquante ans, les Etats qui ont ratifié le Traité constitutionnel européen (TCE) se sont réunis à Madrid sans la France pour évoquer l’avenir de l’Europe. Dans ce contexte de crise, peut-on dire comme Martin SCHULZ dans le quotidien Libération : « S’il y a un deuxième non après que toute l’ Europe a essayé de trouver des compromis avec la France, il faudra poser la question de son appartenance à l’Union ».

I – QUELLE CRISE ?

Au lendemain du référendum sur le traité constitutionnel européens, trois positions apparaissent, qui consistent à dire :
- « il n’y a pas de crise »,
- « il y a une crise » consécutive à l’échec du traité constitutionnel,
- « il y a plusieurs crises » se nourrissant les unes, les autres.

IL Y A PAS DE CRISE !

Les avancées de l’Europe au cours des dernières décennies, qui continue bon gré mal gré à progresser sur des points majeurs, peuvent faire penser qu’il n’y a pas de crise. Ceci n’est-il pas d’ailleurs corroboré par le sentiment des européens qui, lorsqu’on les interroge sur leur appartenance à l’Europe, considèrent à 53 % que celle-ci est une bonne chose ? Cependant, ce sondage montre également que les européens des « grands pays européens » (France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni) commencent à se démarquer de ce sentiment majoritaire.

IL Y A UNE CRISE !

Une crise institutionnelle
Cette crise est liée à la genèse du Traité constitutionnel européen dont l’accouchement difficile fait suite à une succession de tentatives de réformes institutionnelles qui se sont toutes soldées par un échec. Maastricht, Amsterdam, Nice ont été autant d’occasions manquées qui ont conduit à changer de méthode en confiant, non plus aux Gouvernements, mais à une « convention » le soin de franchir ce nouveau pas.
Cette crise pourrait être liée à l’objet même du Traité : passer à l’Europe politique, des avancées juridiques, un saut symbolique. Elle pourrait découler de son origine même, c’est à dire du fait que les pays qui ont rejeté le Traité sont des pays fondateurs de l’UE.

ET S’IL N’Y AVAIT PAS UNE CRISE MAIS DES CRISES ?

Et si Laurent Fabius avait raison en disant que « c’est la crise qui a provoqué le non et non le non qui a provoqué la crise ».

Une crise économique
L’opinion publique européenne éprouve une déception quant à l’euro qui n’a pas donné à l’Europe l’impulsion économique espérée (2,8 % de croissance contre une croissance mondiale d’environ 3,9 %). En outre, 81 % des européens pensent que l’euro a engendré une hausse des prix et 78% que celui-ci n’a pas d’impact sur l’identité européenne.
Une crise de la géographie et des frontières
Face à des frontières ultimes qui ne sont pas définies, les européens ressentent un malaise. 46 % des européens sont opposés à tout élargissement, 42 % y sont favorables. Ce malaise se cristallise autour de l’entrée de la Turquie à laquelle 56 % des français sont opposés.

Une crise politique : la crise du projet européen

Cette crise se traduit par un budget faible, accordant une part considérable à la PAC, une discussion sur la question des services….Les pays pour lesquels les choses ne vont pas dans le bon sens sont l’Italie, l’Allemagne, le Royaume Uni et la France.

II – QUELS SCENARIOS ?

QUESTIONS PREALABLES

Quand ? Y a-t-il urgence ? Oui, pour l’Allemagne, Non, pour le Royaume Uni.
Sur quoi ? traiter les questions institutionnelles.
Comment ? faut-il une conférence intergouvernementale ?
Par quelle voie ? Référendum ou ratification parlementaire ?

CALENDRIER

- 1er semestre 2007 : Présidence allemande,
- 2008-2009 : révision du budget,
- 2ème semestre 2009 : Présidence française,
- 2009 : nouveau Parlement, nouvelle Commission,
- 2010 : révision des objectifs de Lisbonne.

LES SCENARIOS EN FRANCE

L’europe est peu présente dans le débat des présidentielles. Un seul point commun pour tous les candidats : la volonté de ne pas faire revoter sur le même texte.

François Bayrou

François Bayrou n’a pas de propositions précises sur l’Europe. Selon lui, une cause du rejet de Traité réside dans le fait qu’il était illisible (mais le Traité de Maastricht, axé sur une question unique –abandonner le franc- n’était pas moins lisible et s’est pourtant soldé par un oui). Sa proposition est donc :
- un traité simplifié,
- une adoption par référendum,
- une fédération d’Etats (réunis autour de l’euro) dans une confédération.

Nicolas Sarkozy

Son idée est celle d’un grand directoire des grands pays européens dirigeant l’ensemble de l’Europe. Il propose :
- un mini-traité se limitant à ce qui fait consensus,
- une ratification parlementaire,
- une convention en 2009,
- des frontières clarifiées : intégration des Balkans mais non-intégration de la Turquie et de l’Ukraine.

Ségolène Royal

Cette dernière propose de « réussir l’Europe par la preuve » :
- la relance des politiques communes : énergie, recherche, transports, PAC, social, etc.,
- une convention institutionnelle en 2008,
- une ratification parlementaire.

LES SCENARIOS DANS LES AUTRES ETATS EUROPEENS

Pour l’Allemagne :
Le calendrier d’une nouvelle constitution est le suivant :
- 25 mars : déclaration de Berlin,
- juin 2007 : esquisse de constitution,
- fin 2007 : adoption
- avant juin 2009 : ratification.

Pour la Grande-Bretagne :
- pas de référendum, pas de constitution,
- oui à l’élargissement,
- une interrogation sur l’utilité de l’Union européenne, dont le 2ème pilier, l’intégration politique (le 1er étant l’intégration commerciale) n’avance pas.
Pour la Pologne :
Il faut :
- tout réécrire,
- revenir au traité de Nice plus favorable aux polonais pour ce qui concerne le système de vote
- faire référence à Dieu !

III – QUE FAIRE ?

Il faut être lucide : la grande cathédrale institutionnelle n’est pas pour demain ! La France et les Pays-Bas ne veulent pas faire revoter sur le texte actuel du Traité.

Et pourtant, une grande relance est possible ! et voilà quelques pistes pour y parvenir.

LA METHODE

- aller vite : il y a urgence et les présidences allemande et française constituent une opportunité,
- agir avec les peuples : un référendum doit avoir lieu sur l’ensemble des pays européens le même jour.

LE CONTENU

- en matière institutionnelle, il faut agir en deux temps en prévoyant une première plate forme sur les institutions (projet de G. Onesta),
- au niveau du projet européen : l’Europe n’est pas achevée ; il est nécessaire d’avoir une politique économique et de relancer les politiques communes ;
- le budget doit être totalement revu ;
- les frontières : il faut se mettre d’accord sur les frontières ultimes de l’Europe ; leur méconnaissance est anxiogène ;
- le modèle européen existe ! l’enquête menée sur les valeurs des européens le révèle : les européens sont attachés à une économie sociale de marché assurant un haut niveau de protection sociale et se retrouvent dans des valeurs communes de société allant dans le sens d’un « libéralisme culturel » (en faveur de l’avortement, des droits accordés aux homosexuels, du rejet de la peine de mort, etc).

Donc, La France libre de quitter l’Europe ? Non, les choses ne peuvent se passer comme cela : la France est attendue par les autres pays et elle doit maintenant faire des propositions.