> Nouvelles – Déc. 08

Vendredi 28 novembre 2008 par admin

Nouvelles Déc.08

Sommaire :
- éditorial : Daniel Poulenard,
- agenda : conférences Faisons l’Europe, Avf Toulouse, Grep,
- point de vue : suite du traité de Lisbonne,
- dossier : CR de la conférence de Jean-François Berdah,
- lecture : “Région d’Europe : Midi-Pyrénées.”

Fichier acrobat reader : Nouvelles déc.08.

Éditorial par Daniel Poulenard.

Élargissement, réconciliation, reconstruction, un premier bilan à n+4 de l’entrée des 10 nouveaux Etats membres et à n+2 des deux dernières adhésions.

Avant que la crise actuelle ne vienne accentuer des écarts ou creuser de nouveaux fossés d’incompréhension ; un premier regard peut être porté sur l’événement le plus important de la construction européenne depuis sa création, l’élargissement en 2004 à 10 nouveaux membres puis aux 2 derniers en 2007. Evénement qui est un des facteurs importants dans le cas franco-français du « non » à la constitution en 2005. De quoi s’agissait–il réellement en 2004 ?

Nous avons, selon la terminologie officielle, assisté à un “élargissement” ; terme particulièrement faible pour qualifier un déplacement des frontières de l’Union de presque 500 à 800 kms vers l’est et de la création de frontières directes avec des Etats aussi “éloignés” géographiquement dans la conscience collective des Européens de l’ouest que sont la Russie et quelques Etats issus du démembrement de l’ex-URSS ! Démembrement qui lui-même n’avait eu lieu que 10 ans auparavant ! Un tel “choc” ne pouvait pas se satisfaire d’un terme aussi technocratique et les incompréhensions qui s’en sont suivies chez les anciens Etats membres le démontrent. Une incompréhension était née et la faiblesse de l’accompagnement financier de cette gigantesque opération comparé aux “élargissements” précédents n’a pas facilité non plus une adhésion large des populations.

Pourtant cette opération a été une formidable et historique “réconciliation” entre deux parties d’un continent qui partagent la même culture et que seule l’histoire de l’après deuxième guerre mondiale avait séparées. Certains journaux de ces pays, dans des élans lyriques, avaient parlé en 2004 des « deux parties d’un même coeur qui se rassemblaient ». Peu d’habitants de l’Europe des 15 ont alors imaginé ce que représentait pour ces populations de l’est le processus qui les avait amenés à cette adhésion : entre 10 et 15 ans de bouleversements économiques, sociaux, culturels et moraux ! Rappelons-nous que nos voisins de l’est on vu parfois leurs rues changer deux ou trois fois de nom, que des cimetières ont été déplacés plusieurs fois, que leur histoire nationale a été réécrite, que des structures sociales ont entièrement disparu, des valeurs morales ont été bouleversées, que l’économie est souvent passée par un état-provisoire de ruine totale.

Aujourd’hui un processus global de “reconstruction” de l’Europe reste à imaginer ; même si les échecs “des” constitutions n’ont pas permis d’accompagner cet élargissement d’un cadre politique immédiatement opérationnel. Au-delà de cet avatar, un processus de reconstruction doit se poursuivre pour accélérer l’ouverture des différentes “portes” de l’Europe aux nouveaux Etats Membre: l’Euro, une politique sociale européenne, un cadre de solidarité à définir. Cette reconstruction n’affectera pas seulement les nouveaux membres car aujourd’hui les politiques doivent partout intégrer le fait que les “deux” Europe ont commencé à se “mélanger” et que, du seul fait de la présence très importante dans certains pays de l’ouest européen de citoyens de l’est, nos sorts sont définitivement liés.

> Jeudi 11 déc. 08 : élargissement : quel bilan ?

Samedi 1 novembre 2008 par admin

Faisons l’Europe, acteur de la société civile européenne vous invite à sa prochaine rencontre :

Élargissement à 27 pays : quel bilan ?
avec Maurice Guyader, administrateur principal à la direction générale élargissement de la Commission européenne, professeur associé en économie européenne à Paris III Sorbonne nouvelle.

Pourquoi l’élargissement de l’UE ? Qu’espéraient les nouveaux entrants et les anciens pays ? Quelles transformations en ont découlé pour l’UE ? Quelles perspectives dans un contexte mondial difficile ?

Jeudi 11 décembre 2008 à 20h00,
Salle Antoine Osète, Hôtel Duranti,
6, rue du Lieutenant-Colonel Pélissier,
Toulouse, Métro : ligne A – Arrêt : Capitole.

Renseignements : http://sle31.wordpress.com
ou par téléphone au 06-22-95-82-17.

81, rue St Roch – BP 74184 – 31031 Toulouse Cedex 4
sauvonsleurope31@laposte.net

Tract : à télécharger.

http://sle31.files.wordpress.com/2008/10/tract111208.pdf

> La politique d’élargissement de l’UE

Mardi 28 octobre 2008 par admin

Maurice Guyader, administrateur à la Direction générale chargée de l’élargissement

L’Union européenne regroupe actuellement 27 États membres. Depuis son origine, L’Europe a mené continûment une politique d’élargissement.

Les critères d’adhésion

Tout pays qui présente sa candidature à l’adhésion à l’Union européenne (UE) doit respecter les conditions posées par l’article 49 et les principes de l’article 6 § 1 du traité sur l’UE : être un État européen ; respecter les principes de liberté, de démocratie, de respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, et de l’État de droit (article 6 § 1 du traité sur l’Union européenne).
L’adhésion est décidée par le Conseil qui se prononce à l’unanimité après consultation de la Commission et avis conforme du Parlement européen.

Les critères de Copenhague
Les critères pour adhérer à l’UE dégagés lors du Conseil européen de Copenhague (1993) et renforcés lors du Conseil européen de Madrid en 1995 sont de trois ordres :
– politique : institutions stables garantissant la démocratie, l’État de droit, les droits de l’homme, le respect des minorités et leur protection ;
– économique : économie de marché viable et capable de faire face aux forces du marché et à la pression concurrentielle à l’intérieur de l’Union ;
– acquis communautaire: aptitude à assumer les obligations découlant de l’adhésion, et notamment à souscrire aux objectifs de l’Union politique, économique et monétaire.

Pour que le Conseil européen décide de l’ouverture des négociations, le critère politique doit être rempli. La stratégie de préadhésion et les négociations d’adhésion fournissent le cadre et les instruments nécessaires.

En plus des 6 États membres initiaux (Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg et Pays-Bas), 21 pays ont adhéré à l’Union :
– 1973 : Danemark, Irlande et Royaume-Uni ;
– 1981 : Grèce ;
– 1986 : Espagne et Portugal ;
– 1995 : Autriche, Finlande et Suède ;
– 2004 : Chypre, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, République tchèque, Slovaquie et Slovénie ;
– 2007 : Bulgarie et Roumanie (Vème élargissement : 2004 et 2007).

L’élargissement s’accompagne d’une politique d’approfondissement.

L’approfondissement désigne la dynamique d’intégration présente depuis le début de la construction européenne : union douanière, marché commun, puis zone euro. Il est souvent présenté comme un préalable à l’élargissement.

Le traité de Nice signé le 26 février 2001 par les États membres de l’Union européenne et entré en vigueur en 2003 a fixé les principes et méthodes d’évolution du système institutionnel en vue de l’élargissement à 27 États membres programmé pour 2007.

Bilan de l’élargissement aux 10

Les 10 nouveaux entrants représentent entre 5 et 10% du PIB européen avec un potentiel de croissance de 2 à 3% par an. À ce rythme, la Pologne, actuellement à 50% du Pib européen moyen, atteindra la barre des 75% dans environ 20 ans.

Ces nouveaux pays se sont très bien intégrés à l’Union, notamment aux flux commerciaux européens : ils représentaient 5% de ces flux à la fin des années 1990, aujourd’hui ils correspondent à 15%. On observe une croissance rapide des investissements étrangers dans ces pays, notamment des investissements greenfield (investissements d’origine étrangère, très mobiles au niveau international et créateurs d’emplois « durables »).

La traduction du droit européen dans les droits nationaux s’est effectuée au mieux et l’acquis communautaire est de qualité (cf. le succès d’Erasmus).

Les perspectives

En plus des critères de Copenhague, la capacité d’intégration par les anciens pays de nouveaux membres est prise en compte.

L’Europe peut se définir comme une communauté de valeurs construite sur trois types de facteurs : politiques (stratégie de Lisbonne, politique régionale, PAC, réseaux transeuropéens…), financiers (engagement budgétaire 2007 – 2013), et institutionnels (nombre de députés, de commissaires, majorité qualifiée).

Dans les perspectives actuelles d’élargissement, il faut distinguer plusieurs zones :
1) Les pays ayant le statut de pays candidats :
– l’ancienne République yougoslave de Macédoine : pas de négociation en cours ;
– la Croatie (50% du PIB moyen de l’UE) : négociations d’adhésion ouvertes depuis le 3 octobre 2005. Points à régler : la question des minorités et les réponses aux demandes du tribunal de La Haye ;
– la Turquie : négociations d’adhésion ouvertes le 3 octobre 2005
2) Les pays ayant le statut de candidat potentiel :
– Les pays des Balkans occidentaux : Albanie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro et Serbie, y compris le Kosovo (défini par la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies). Ils représentent environ 20 millions d’habitants et sont engagés dans le processus de stabilisation et d’association
3) Les pays voisins (politiques de voisinage) :
– Les pays de la rive Sud de la Méditerranée
– Les pays de l’Est de l’Europe (Moldavie, Ukraine)
4) Les pays avec partage d’intérêts majeurs mais non institutionnellement intégrables : Russie, Moyen-Orient

Le cas de la Turquie :
– grand État par sa population (75 millions d’habitants, pourcentage important de jeunes), son histoire, son administration
– des relations anciennes avec l’Europe : accord d’association de 1963 qui n’a jamais été contesté, accord d’union douanière de 1995, statut de pays candidat à l’adhésion à l’UE depuis 1999, répond aux critères de Copenhague (État officiellement laïc, la religion des populations ne fait pas partie des critères de Copenhague), négociations ouvertes depuis 2005.
– a accompli des progrès très importants au plan économique : (30% du PIB moyen de l’UE avec un rythme de croissance de 5 à 6% par an)

Débat
Deux thèses opposées :
1) approfondir et consolider avant d’intégrer de nouveaux pays
2) poursuivre l’élargissement pour faire progresser l’approfondissement

Quels moyens supplémentaires pour accueillir de nouveaux États ?

Michèle Ansidei, notes prises d’après l’exposé de M. Maurice Guyader

Europe superstar aux Jo de Pékin

Mercredi 27 août 2008 par admin

Résultats internes à l’Union européenne

Les résultats internes à l’Union européenne font du Royaume-Uni et de l’Allemagne, les deux poids lourds de l’olympisme. La France se rattrape par le nombre total de ses médailles.

Résultats internationaux

L’Union européenne récolte en moyenne plus du double des médailles remportées par chacun de ses trois suivants sur le podium international. Une performance qui ne fait que confirmer sa longue tradition sportive.

Pour en savoir plus : l’Europe championne toutes catégories.

Nouvelles – juillet 08

Mercredi 23 juillet 2008 par admin

Éditorial

Le jeudi 12 juin 2008, s’est tenue au restaurant « le vélo sentimental » à Toulouse l’assemblée générale de notre association. Le rapport d’activité, présenté par Jean Lecuir a permis de dresser un bilan en demi teinte.

Certes, la faiblesse de nos moyens humains et financiers limitent notre action et notre équipe réduite a parfois le sentiment de s’épuiser à diffuser des tracs, écrire un blog, rédiger une lettre d’information…. Certes nos tentatives d’augmenter le nombre de nos adhérents et nos moyens financiers n’ont pas abouti et nos contacts avec les politiques restent encore très limités !

Mais au bout du compte, après deux années d’existence, notre association n’a-t-elle pas démontré son utilité ? N’a-t-elle pas trouvé sa pleine légitimité en créant un lieu de débat ouvert au grand public, réunissant un auditoire jamais ridicule et composé de participants d’opinions diverses ? En exprimant à travers ses productions une opinion positive sur la construction européenne et en tissant des liens avec les associations œuvrant dans le même sens ?

Avec cette raison d’être et la chance que nous avons de réunir un groupe de citoyens actifs, motivés et jamais à court d’idées pour faire avancer nos activités, nous ne pouvons que continuer ! Comme le proposait notre rapport d’orientation, nous allons le faire en conservant les trois dimensions de notre travail : dimension éducative ; dimension politique car notre démarche citoyenne se traduit par un engagement politique ; dimension ludique et de convivialité au travers de nos échanges amicaux.

Et s’il fallait encore se donner des raisons d’avancer, disons aussi que l’actualité nous y pousse avec ses notes sombres (les avancées du traité de Lisbonne compromises par le non irlandais ? les débats tchèque et polonais représentatifs d’un euroscepticisme croissant ?) , ses succès inespérés (une Serbie sur la voie de l’intégration européenne après l’arrestation de R.Karadzic), et avec l’exemple d’hommes tels que Bronislaw Geremek -auquel nous rendons hommage dans ce numéro- qui préconisait ténacité, effort et conviction.

Dans un souci d’action concrète et de terrain, l’assemblée générale a adopté une appellation plus neutre et plus en adéquation avec nos moyens : « Faisons l’Europe, collectif 31 », qui demeure pour autant membre du Mouvement national Sauvons l’Europe.

Le nouveau bureau élu est composé de Jean Lecuir, Hugues Bernard, Daniel Poulenard, Joël Bouche, Laurent Richard, Stéphane Beyrand et Catherine Lenglet et moi-même. Réuni le lundi 23 juin à 8 heures il a élu jean Lecuir comme Vice-Président, Hugues Bernard comme Secrétaire, Daniel Poulenard comme Trésorier, et moi-même comme Présidente.

Un programme d’activité est d’ores et déjà sur les rails avec un premier rendez vous le Jeudi 9 octobre 2008 sur le thème « Europe et recherche », à noter dans vos calendriers, et des projets de voyages thématiques dans d’autres Etats-membres dont nous reparlerons à la rentrée.

Sylvie Sternicha Leguevaques
Présidente du collectif

Vous pouvez télécharger la lettre au format pdf : ici.

Daniel Poulenard, consultant européen

Lundi 21 juillet 2008 par admin

Daniel Poulenard, consultant européen du réseau Parcourir, évoque l’évolution de la la politique européenne avec les pays voisins et le contexte dans lequel s’inscrit le projet de l’Union pour la Méditerranée. Entretien Jacqueline Pommert.

http://atopiaasso.canalblog.com/

Après le non irlandais, premières réactions

Jeudi 3 juillet 2008 par admin

Nous savions qu’il suffisait qu’un des 27 pays de l’Union Européenne refuse de ratifier le projet de Traité Lisbonne pour que tout soit remis en cause, puisqu’il faut l’accord unanime pour qu’il soit mis en oeuvre et que se mette en place un compromis institutionnel plus viable et plus intéressant que le Traité de Nice.

Nous savions que la ratification parlementaire n’allait pas de soi dans quelques pays comme la Tchéquie et la Suède – qui vont présider l’Union, après la France, en 2009 -, ou encore en Pologne où le président conservateur s’oppose à la ratification acquise.

Mais nous savions aussi que la procédure irlandaise du référendum était à l’évidence risquée : un texte de ce genre, fatalement de nature très technique, est difficile d’accès direct au citoyen et relève de l’examen parlementaire. Les mêmes mécanismes que ceux que nous avions vécus en France et aux Pays Bas n’ont pas manqué de se mettre en place dans l’opinion, dans un contexte où la construction européenne suscite plus de craintes que d’espoir. Le défoulement du cumul des non pour des raisons hétérogènes couvrant tout l’arc des sensibilités politiques est dans la nature même du référendum, surtout s’il s’opère dans le seul cadre national et qu’il ne comporte pas de sanction évidente pour le pays.

Ainsi se paye la transformation de la « bureaucratie bruxelloise » en bouc émissaire commode par des gouvernements et parlements nationaux qui expliquent moins l’Europe qu’ils ne se défaussent sur elle de leurs difficultés internes.

Ainsi se paye des ratifications en ordre dispersé, selon des méthodes différentes. La leçon est évidente pour l’avenir. Ou les 27 pays décident ensemble de s’engager tous dans une ratification parlementaire , ou ils choisissent d’organiser un référendum le même jour en posant le principe que la réponse positive (à une majorité qualifiée des citoyens et des Etats) s’imposera à tous; pour respecter les souverainetés nationales, l’Etat qui n’aura pas adopté ne sera pas obligé de participer, et pourra choisir de sortir de l’Union, mais au moins il ne bloquera pas les autres.

On ne peut certes préjuger de l’avenir du traité de Lisbonne; une seule chose est certaine : il ne sera pas renégocié.On peut toujours rêver que, ratifié par 26 pays à la fin 2008, la pression sera telle que l’Irlande reviendra sur son vote dans des délais tels que les élections européennes de 2009 puissent se dérouler dans un climat positif. Le calendrier est si serré que ce déroulement serait une divine surprise. Ou le gouvernement irlandais dira-t-il aux 26 qu’il se met en congé de l’Union en les laissant libres d’appliquer le Traité ? Il est plus probable que l’on fera de la ratification des 26 la priorité, puis qu’on donnera du temps au temps pour obtenir l’accord irlandais, en se contentant, en attendant, du traité de Nice et de la mise en oeuvre de coopérations renforcées pour avancer, sans attendre l’accord de tous, comme on le fit avec la zone euro ou l’accord de Schengen. Les sujets ne manquent pas, par exemple la politique énergétique, la coordination économique et monétaire, ou l’environnement, défense et sécurité, ou l’immigration.

En fait, nous payons cher les retards pris dans la construction d’une Europe politique. Le traité de Lisbonne est de ce point de vue l’ultime tentative pour enclencher à partir de 2014 des processus de décision majoritaire. Car on sait que l’Union européenne ne s’imposera comme une entité politique que le jour où « les peuples et les Etats accepteront de se soumettre à la loi commune, fussent-ils en minorité » (Jean-Louis Bourlanges).

Que le traité de Lisbonne soit ou non en rade, les élections européennes de juin 2009 vont faire figure de rendez-vous majeur : les souverainistes de tous horizons s’y donnent déjà rendez-vous. Or, comme le souligne Jacques Delors, il n’y aura pas de relance politique de l’Europe, au sens plein du terme, tant que les chefs d’Etat et de gouvernements ne seront pas capables de dépasser les intérêts nationaux, en acceptant un minimum de fait majoritaire, en donnant une vision rassurante et exaltante de l’Europe et en le faisant avec pédagogie en réaction à l’actualité. La campagne électorale, dès à présent ouverte, pour le Parlement européen de juin 2009 est une occasion d’apporter des réponses aux interrogations des citoyens qui ne se résignent pas à la dilution de l’Union Européenne.

Jean Lecuir,
vice-président du collectif Haute-Garonne
“Sauvons l’Europe – Faisons l’Europe”

L’Europe toujours en danger !

Mardi 24 juin 2008 par admin

La construction d’une Europe politique est à nouveau mise à mal par le résultat du référendum en Irlande. Les Français sont très mal placés pour faire la leçon aux Irlandais. Pourtant, il faut bien dire que le résultat de ce référendum a de graves conséquences pour l’Europe, en la replongeant dans une crise institutionnelle dont on se demande encore une fois comment elle va se sortir.

Déjà, en 2005, il n’y avait pas de « plan B ». Le Traité de Lisbonne a fini par émerger difficilement des tractations entre gouvernements de l’Union. Aujourd’hui, il y a encore moins de « plan C » … Réussira-t-on à en élaborer un, accepté par tous, et qui donne enfin à l’Europe les moyens de réagir rapidement aux mutations du monde ? Car c’est bien de cela qu’il s’agit, donner à l’Union les moyens de réagir efficacement et concrètement face aux défis auxquels les Etats membres ne peuvent faire face tout seuls (en matière d’énergie, de climat, d’alimentation, d’action humanitaire, de sécurité, de négociation commerciale).

Malheureusement, trop souvent, dans les débats à propos des référendums nationaux sur les réformes institutionnelles de l’Union, ce sont les politiques européennes, voire nationales, qui sont mises en cause. Pour des motifs bien souvent contradictoires… Ainsi, au nom de politiques jugées mauvaises, on rejette une réforme des institutions qui permettrait de faciliter l’adoption à la majorité de politiques représentant un progrès pour les citoyens européens. La mise en avant d’intérêts particuliers nationaux de court terme prime trop souvent sur l’intérêt général européen à long terme.

Les citoyens européens ont souvent l’impression que les politiques européennes ne répondent pas à leurs préoccupations. C’est effectivement le cas quand on ne parvient pas à répondre aux restructurations d’entreprises (la révision de la Directive sur les Comités d’Entreprise européens devrait donner des moyens de mieux y faire face) ou quand une Directive sur le temps de travail risque de provoquer une régression sociale … Il est manifestement illusoire de justifier la nécessité d’un renforcement institutionnel en l’absence de politiques sociales justes, mais il sera difficile d’améliorer les politiques sans institutions efficaces. Europe politique et Europe sociale doivent se renforcer mutuellement.

Quand le refus de ratifier un traité par un ou deux pays conduit à bloquer une avancée majoritairement partagée par les autres, on est en droit de s’interroger sur la règle de décision. C’était vrai en 2005, pour le Traité Constitutionnel ratifié par 18 pays, mais bloqué par le refus de deux autres ; c’est aussi vrai aujourd’hui pour le Traité de Lisbonne, lui aussi déjà ratifié par 18 pays. La procédure parlementaire, qui, rappelons-le, est aussi démocratique que le référendum, n’intègre-t-elle pas mieux les contraintes liées à des textes de ce type ? En attendant l’émergence d’un « peuple européen » qui pourrait éventuellement légitimer un référendum paneuropéen…

En tout cas, il est urgent de trouver un moyen pour que les pays qui ne veulent pas d’une avancée européenne, n’empêchent pas ceux qui le veulent de le faire. Il est nécessaire de poursuivre le processus de ratification dans l’ensemble des 27 Etats membres pour que les choix s’opèrent dans la clarté. Toutefois, il faut aussi que se mobilisent les citoyens de l’Union, pour qu’ils fassent valoir leur attachement à la construction européenne, qu’ils rappellent la signification de celle-ci, mais aussi qu’ils l’infléchissent dans un sens plus démocratique. Tel était en juillet 2005 le sens de l’appel de Sauvons l’Europe. Cet appel est plus que jamais d’actualité : « Sauvons l’Europe » demeure à l’ordre du jour !

www.sauvonsleurope.org
contact@sauvonsleurope.org

Une présidence française ambiguë

Vendredi 13 juin 2008 par admin

Comment la présidence française peut redynamiser l’Europe après l’adoption du traité de Lisbonne ? Compte-rendu de la rencontre-débat du 3 avril 2008 avec Bettina Laville, conseiller d’Etat en disponibilité, présidente du Club Convictions et vice-présidente de Sauvons l’Europe.

Si j’avais un mot à utiliser pour qualifier la présidence française telle qu’elle s’annonce, je la qualifierais d’ « ambiguë ». En effet, elle intervient dans un contexte de retour de l’enfant prodigue, après qu’il ait créé la plus grosse crise de l’histoire de l’Europe : dire non au projet de traité constitutionnel de l’Europe était autrement plus grave que de pratiquer, comme à l’époque gaulliste, la politique de la chaise vide. C’était pour nos partenaires de l’Union Européenne un séisme, dont il n’était pas évident de sortir.

Une présidence française dans l’ambiguïté

Si la France est aujourd’hui revenue en Europe, c’est grâce à la présidence allemande et au choix annoncé du nouveau président de rechercher un compromis et de le faire ratifier par le Parlement. Il n’a échappé à personne que face à ratification du Traité de Lisbonne la gauche française est demeurée à la fois divisée et assez confuse dans son positionnement. Les municipales ont jeté heureusement là dessus un voile pudique. Mais ne nous y trompons pas : l’Allemagne a été le principal acteur; c’est elle qui a tout fait pour avoir un traité qui permette de sortir de l’impasse. La conséquence est évidente : les dirigeants français sont contraints de faire aussi bien pendant les six mois où ils assument la présidence de l’Union européenne, face à des enjeux comme la préparation de la mise en oeuvre du Traité ou les suites de la Conférence de Bali sur la lutte pour l’environnement climatique. L’axe franco-allemand est aussi une compétition dans l’excellence !

Mais la présidence française est aussi incarnée par Nicolas Sarkozy, considéré comme un enfant terrible qui inquiète par des déclarations risquées. J’en veux pour preuve les propos tenus devant le congrès de la FNSEA en faveur du retour à une agriculture de production ou les positions raides en matière de négociation OMC : les orientations en faveur d’une agriculture plus respectueuse de l’environnement apparaissent du coup comme secondaires, ce qui nous marginalise dans l’Union, même si Jean-Pierre Jouyet veille au grain et rectifie le tir.

La troisième ambiguïté réside dans la situation de l’Europe en ce deuxième semestre 2008 : les modalités de décision seront toujours celles du Traité de Nice, même si chacun s’accorde sur l’opportunité d’anticiper les évolutions actées par le Traité de Lisbonne. La France va donc avoir à gérer trois transitions délicates :

- Celle du mode de gouvernance : c’est la dernière fois qu’elle préside l’Union pour six mois, avant les élections européennes de 2009, qui, une fois le traité de Lisbonne ratifié, verront se mettre en place une présidence pluri-annuelle qui changera le visage de l’UE,

- Celle de la préparation de la mise en place des transformations institutionnelles liées au Traité de Lisbonne et on sait qu’elles ne sont pas minimes,

- Celle de tourner la page de la crise qu’elle a ouverte avec les Pays-Bas en 2005 en veillant à ne rien faire qui conduise un des 27 à rejeter le Traité de Lisbonne.

Au total, ou cette présidence française sera une réussite pour 500 millions d’européens, ou elle débouchera sur une distorsion accrue entre les Etats-Nations et l’Europe. Soyons raisonnablement optimistes : le président Sarkozy est élu depuis un an; on peut espérer qu’il a fait son apprentissage et peut mieux apprécier la bonne manière d’impulser des avancées utiles avec ses 26 partenaires.

Pour autant, la présidence française sera aussi celle de tous les dangers, puisqu’elle place la France en avant et donc au regard du jugement des autres nations européennes, mais aussi de l’ensemble du monde.

Si la France ne fait pas avancer les dossiers, le doute reviendra vite sur sa volonté européenne et sa capacité de peser.

Son principal handicap réside dans l’affaiblissement de l’audience présidentielle dans l’opinion française, ce qui objectivement lui donne une moindre légitimité et dès lors une moindre autorité internationale.

Or cette présidence va devoir se dérouler dans un contexte économique et financier très difficile, sur un terrain où la France n’est pas aujourd’hui en posture particulièrement brillante, puisqu’elle a le plus grand mal à respecter les règles européennes d’équilibre financier qu’elle a pourtant contribuer à élaborer. Or ce domaine est précisément celui où l’Union a du mal à coordonner les politiques économiques nationales, que ce soit dans la zone euro ou plus largement. Il est pourtant essentiel de progresser vers une fiscalité mieux harmonisée, vers des initiatives communes (emprunts européens d’investissements, politiques industrielles).

Enfin, il faudra gérer les suites de la Conférence de Bali sur l’environnement, engager résolument l’Europe dans la mise en oeuvre des orientations retenues et surtout dans leur traduction pratique; or les flottements sont sensibles et même si l’Union Européenne ne pèse pas très lourd, son engagement est stratégiquement essentiel pour l’avenir.

Avant d’aborder les dossiers qui seront sur la table, je veux encore dire un mot du Traité de Lisbonne.

Dès lors que la ratification a eu lieu par voie parlementaire, il est probable que les Français vont découvrir le contenu réel du traité de Lisbonne au cours de la présidence française. Ils vont se rendre compte que si l’on a certes renoncé à des aspects du projet de Traité constitutionnel, on a, dans les faits, conservé l’essentiel. Il en va ainsi de la Charte des Droits fondamentaux, même si elle prend sa valeur juridique mezzo voce, alors qu’elle méritait mieux. L’instauration d’un représentant d’une politique étrangère européenne disposant de moyens communs ne manquera pas de sujets pour s’imposer. L’orientation en faveur d’un développement durable et d’une politique économique et sociale intégrée et régulée n’est pas un mince chantier. Il va falloir traduire la reconnaissance des services publics. Le Parlement européen doté d’un nouveau poids va inévitablement introduire du débat démocratique. Le droit d’initiative des citoyens changera l’esprit de l’Europe si des initiatives sont prises. Le système de la double majorité, enfin, va devoir se roder pour déboucher, à terme du moins, sur des décisions plus efficaces, même si le poids de la recherche du consensus demeurera. Mais dans un monde dangereux, où les droits de l’homme diminuent ou sont menacés, y compris en Europe, il convient de mesurer que l’espace européen est le plus grand espace où s’incarne cette ambition et cette réalité démocratiques. La présidence française devrait faire toucher du doigt aux Français qu’il y a là un enjeu à dimension universelle qui les dépasse, où ils sont pleinement impliqués et acteurs. Pour se faire, elle peut jouer des mécanismes offerts par le Traité de Lisbonne, contribuer à créer une ambiance où les opinions redécouvriraient, grâce à l’aide des médias, la place de la démocratie représentative européenne, dans sa double dimension du Parlement national et du Parlement européen.

Venons-en aux dossiers qui sont incontournables.

1. L’environnement : c’est tout ce qui concerne l’application du Traité de Kyoto, des suites de la Conférence de Bali et des décisions à prendre en 2012. En fait cela recouvre une série de sujets.

− Je rappelle qu’il s’agit d’abord des pratiques permettant de baisser le taux des gaz à effet de serre. Kyoto avait engagé l’Europe, le Japon, le Canada et l’Australie. Le refus des USA se conjugue aujourd’hui avec le retrait du Canada. Passer des intentions aux engagements contraignants est difficile, mais essentiel face à l’aggravation de la situation. La France n’est pas en position favorable, malgré son choix nucléaire : il lui faut engager des efforts importants sur les énergies propres, mais surtout sur l’habitat et les transports, ce qui implique des investissements longs à se mettre en place. Si elle ne le fait pas, comment pourrait-elle obtenir des 26 autres des engagements concrets ? Au delà, il faut que l’Union Européenne sous présidence française noue la discussion avec les grands pays émergents (Chine, Inde, Brésil) pour qu’eux-mêmes s’engagent dans la voie de premiers changements de comportements; cela n’ira pas sans contreparties. Enfin, il faut réintégrer les USA et le Canada dans le processus, sinon il n’y aura pas de politique climatique en 2012. Or le temps presse.

- Les pesticides sont sur la table : la directive européenne sur les substances chimiques pesticides sera à approuver sous la présidence française. Or, après le Grenelle de l’environnement, la France doit être drastique en la matière.

- La politique agricole commune est percutée : elle doit être révisée à la fois pour tenir compte de l’élargissement intervenu et à cause de la politique environnementale. Or le contexte de la demande mondiale de produits alimentaires va soutenir l’agriculture de production. Maîtriser cette contradiction ne va pas être aisé.

- La négociation sur l’OMC : l’Europe nous protège de la mondialisation. Encore faut-il qu’elle ait un positionnement uni face aux USA, à la Russie, à la Chine, à l’Inde et aux autres puissances. C’est bien là son talon d’Achille.

2. L’Union Méditerranéenne : un compromis a été trouvé qui consiste à relancer le processus de Barcelone et donc à rester dans la politique européenne de voisinage. Mais la conférence de juillet va faire rebondir le dossier sur ses implications pratiques. Nul doute que nos partenaires européens veilleront à ne pas laisser la bride à la France en la matière, ne serait-ce que parce que c’est une des compétences du Haut Représentant de la politique étrangère de l’Union.

3. La préparation de la mise en place du Traité de Lisbonne, avec en particulier les choix des responsables et la préparation de la prochaine Commission européenne. Ce n’est pas une mince affaire où les ambitions des Etats-Nations, requinqués par les épisodes précédents, se conjuguent avec celles des hommes..; et des rapports de forces entre gauche et droite européennes.

4. L’énergie : c’est à la fois un sujet stratégique (types d’approvisionnements, maîtrise des voies de transports) pour l’indépendance de l’Union Européenne et un sujet conflictuel entre ses composantes.

5. La préparation du débat budgétaire : l’élargissement impose le réexamen des politiques de fonds structurels, de nouvelles ressources financières, des choix en matière de rattrapage des disparités qui existent entre les 27, c’est le socle de toute démarche de rapprochement des politiques sociales, dont il faut rappeler qu’elle demeurent de par les traités de la compétence nationale.

6. Deux sujets en arrière-plan, très présents, où la France est impliquée : l’adhésion de la Turquie où la position du Président Sarkozy est isolée; le retour de la France dans l’OTAN plutôt en harmonie avec les autres pays européens.., avec comme enjeu la nature même de la politique de défense européenne.

7. Enfin, la présidence française doit traiter les problèmes de droit d’asile,qui, aux dires de Jean-Pierre Jouyet, sont plus problématiques en France qu’en Europe …voire……

Pour conclure, je ferai deux observations.

L’importance du débat citoyen, associant les citoyens. La présidence française peut contribuer à créer un militantisme européen, qui soit positif, autre que réactif ou négatif, ce qui est la norme commune depuis de nombreuses années. Il faut reconstruire et insuffler un nouvel intérêt français pour l’Europe. La génération de l’après-guerre, celle qui a construit l’Europe démocratique au nom de la paix et du « plus jamais celà », ciment au sortir de la seconde guerre mondiale, est en train de lentement disparaître. Les événements s’éloignent, même si les Balkans sont bien là. Dès lors, pour les jeunes générations, l’Europe est là certes, mais davantage comme un cadre naturel que comme un projet qui s’affirme et se nourrit. Il s’agit d’une conscience passive plus qu’active. B. Kouchner a raison de mettre l’accent sur une Europe qui s’affirme comme une réalité sociale et politique originale, qui n’est pas comme ailleurs. C’est la responsabilité des politiques européens – et évidemment des Français – de le nourrir.

Pour autant, l’Europe doit sortir en France de l’univers de l’utopie, où se mêle à une conception romantique de la réconciliation franco-allemande des discours généraux. Michel Rocard dans un article de 2003 « Du bon usage de l’Europe sans âme » avait souligné que l’originalité de l’Europe était d’être un espace de paix régi par le droit, où s’affirmaient les droits de l’homme et les droits de l’échange, où s’associaient des âmes nationales, sans que s’impose une identité commune. Ulrich Beck, en Allemagne, évoque une européanisation des consciences, un processus de découverte réciproque, d’apprentissage historique, où tant d’ennemis deviennent des voisins,parce qu’ils se content d’un réalisme utopique. Je livre à votre méditation cet extrait d’Edgard Morin (1994) soulignant que l’Europe n’est pas une Belle au Bois dormant qui a besoin d’un Prince charmant pour s’éveiller, mais qu’elle se réalise dans un projet commun civilisationnel à dimension universelle.Il ne s’agit pas d’un projet de domination d’autrui, mais au contraire d’approfondissement des coopérations au sein de l’espace européen et vis à vis du reste du monde. Rappelons la devise européenne : « unis dans la diversité. »

Assemblée générale 2008

Mardi 27 mai 2008 par admin

Sauvons l’Europe – Collectif Haute-Garonne organise son Assemblée générale annuelle le jeudi 12 juin 2008 à 20H00 au restaurant le Vélo sentimental, 12, boulevard de Bonrepos (maison éclusière face à la gare Matabiau), 31000 Toulouse. Pour participer à cette réunion-dîner (participation aux frais à régler sur place), les inscriptions sont à transmettre à sylvie.leguevaques@wanadoo.fr.

Ordre du jour :
1. Rapport d’activités. Echange et vote du quitus.
2. Rapport financier. Echange et vote du quitus.
3. Rapport d’orientation. Echange et vote.
4. Modification statutaire : changement de titre. Echange et vote.
5. Montant des cotisations. Echange et vote.
6. Examen spécifique des propositions « Toulouse & l’Europe ».
6. Renouvellement du Bureau.
7. Questions diverses.

Il est fait appel aux candidatures pour le Bureau. Elles sont à transmettre à sauvonsleurope31@laposte.net si possible avant le 12 juin.

Il est possible de régler les cotisations le jour même de l’Assemblée générale.

Les raports d’activité et d’orientation sont téléchargeables (format acrobat reader) ici.